C'est une véritable bombe qu'a publiée Oliver Gallmeister en cette rentré de janvier; et ce, pour notre plus grand plaisir de lecteur. Un texte violent, aride et sec comme la région, le Texas, dans laquelle se déroule ce superbe roman qui évoquera à certains les plus grands textes de Mc Carthy et de Steinbeck.
C'est d'abord une histoire de famille, celle des Skala, dont le père a émigré aux États Unis à la fin du XIXE siècle, et qui va exploser à la suite d'un pari qui ne fera pas que des malheureux... Dur au mal et ne pensant qu'à sa terre, le père traite ses fils comme s'ils étaient des bêtes de somme, à telle enseigne qu'ils en développent des difformités. Vous aurez donc compris qu'il s'agit d'un texte noir mais il n'y a pas que ça... Car si le roman est remarquable, c'est par la force d'évocation de sa prose. Nous connaissons les ateliers d'écriture qui fabriquent des écrivains à la pelle aux États Unis et qui utilisent les images au kilomètres. Ici, il n'y a pas une image ni une évocation à jeter. Car nous avons affaire à un véritable écrivain, qui sait marier poésie et structure romanesque, susciter notre adhésion par une écriture vertigineuse. Au final, ce premier roman à l’écriture dense et aux descriptions fines et poétiques plonge le lecteur dans l’Amérique du XXe siècle avec une acuité saisissante. On suit Karel (le personnage principal, qui prend de l'ampleur au fur et à mesure que le roman se déroule) de sa naissance à sa vie d’homme et de père de famille. On le suit pour mieux comprendre son père, ses frères. N'en jetons plus, lisez-le! On en parlera plus tard...
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